On passe devant le Gîte Le Rocher à l'entrée de La Grave, il est 8h50, nickel.
Mais 100m plus loin... beaucoup moins nickel... c'est quoi tout ce monde ? Ca grouille dans tous les sens, on dirait le marché de l'estacade le dimanche matin à Grenoble !
On est en semaine, hors vacance scolaire et c'est blindé comme j'ai jamais vu ! La queue pour les forfaits vient jusqu'à la cabane des patrouilleurs soit 15/20mn d'attente.
La mort dans l'âme nous revoilà sur la route. La décision est vite prise, ce sera l'Alpe d'Huez. Je ne redescends pas jusqu'à Bourg d'Oisans mais passe par la petite route de La Garde, largeur 1 voiture, falaise à droite, précipice impressionnant à gauche... frisson garanti mais bon raccourci pour accéder à « Palpe le pez », ben oui, plein de pognon là-haut.
Il y a du monde aussi, mais c'est fluide.
Montée directe au Pic Blanc 3330m et Gaaaaaz sur l'itinéraire de la combe du Loup, c'est une face Est, faut pas traîner, il fait chaud aujourd'hui.
La grande traversée est bien marquée mais je l'ai connu plus glissante, on a 2/3 petites remontées à faire à pied.
P'tite pose spectacle. Vers l'ouest, au premier plan, le col de Sarenne. Au deuxième plan, l'immense plateau d'Emparis avec son petit village de Besse en Oisans perdu dans tout ce blanc. Au troisième plan, de gauche à droite, les Aiguilles d'Arves, la Meige, le Rateau, les glaciers de la Girose et du Mont de Lans... On est juste tous les deux, vu personne devant, personne derrière. C'est vrai qu'il est tard, la neige prend le soleil depuis le matin ici et est déjà bien transformée quand on attaque les courbasses. Impossible d'éviter d'anciennes coulées de neige lourde (hier?), puisque ça a coulé sur toute la largeur du premier mur. Beaucoup plus tôt ça devait être champ de mine. En tout cas on est bien en mono là dedans.
Toujours magnifique cette grande combe du loup, largeur 80m en entrée, 600 en sortie, il y a plein de place pour faire des traces même plusieurs jours après une chute de neige.
Des parties de vierge commencent à être collantes quand on arrive dans le bas, au col de Sarenne
Faut être alerte musculairement sur le mono, c'est épuisant
« Tu vois comme je te l'ai déjà dit, cette veste Monoski a un gros défaut, elle est trop chaude ! »

