Hier...
Gavade !
Gavade !!
Gavade !!!
Mais...
Quand je me réveille hier matin, comme prévu par les bulletins météo d'avant hier, il y a 10 cm de neige fraîche dans la plaine.
On est 4 au rencart, Pam, Guillaume, Morgan tous les 3 en surf et ma pomme on monoski of course
La route des 7 Laux enneigée depuis le bas.
...Sur les premiers sièges à l'ouverture du Grand Serre à Pipay, il neigote dans une bise frisquette, la visi est bonne. « Pitin, mais y en a combien en épaisseur là ? 50 ? »
Nos 4 traces seront les premières dans la face NO, un train d'enfer avec un seul stop au milieu, en sécu dans les vergnes. En ride, la neige vole, légère, on en prend plein la poire, que du bonheur de douceur...
On va s'en refaire 2 autres dans la même face en décalant chaque fois d'un cran de 100m à gauche, c'est l'éclate totale. On vient déjà de s'enfiler 3x700m de purs traçages à allure très soutenue en un temps record, merci le TSD et ses 6 mn de montée !
« Il faut pas rater l'ouverture, décalée comme d'hab, du TSD l'Oursière »
Aller, on bascule versant Pleynet !
On est dans de la bonne popow tranquille quand on voit des sièges occupés sur l'Oursière... Mairde, on a raté l'ouverture ! On va voir... pas beaucoup de chasseur de poudre ont déjà basculé...
Le Q sur le siège, on repère où personne n'est encore passé... Et personne n'a encore pris la ligne sous les cables ! Gaaaaaaaazzzzzzzzzz !!!!
En haut de notre 2ième montée de l'Oursière on constate qu'il n'y a pas encore de traces à droite de la piste de l'évêque, c'est un hors piste que je connais évidemment par cœur. Démarrant par une grande pente bien raide, cet itinéraire rejoint le bas des vallons du Pra et le Pleynet.
Dès que la pente est soutenue, habitude de rider, on s'engage avec espacement, c'est mieux si le premier a un sac ABS dans le dos.
On est tous les 4 alignés en bordure du chemin, les spatules dans le vide. Je m'engage le premier dans la pente, popooooooow ! C'est un régal mais au bout de 2/3 virages j'ai un sentiment bizarre, le 6ième sens du montagnard ? Instinctivement je fais un arrêt braquage puissant, je met le monoski en travers de la pente et appuie lourdement sur la planche. En 1/10ième de seconde une cassure cisaille la neige juste en aval de ma position. C'est une image très belle, dans mon premier champ de vision sur la droite du vallon la fissure fait 25/30m de long, épaisseur 50cm, mais quand je tourne la tête je me rend compte que la plaque que je viens de déclencher fait une bonne centaine de mètres de large. Ces tonnes de neige déstabilisées glissent en s'accélérant et en soulevant un nuage impressionnant de poudre. Au moins on est sûr qu'il n'y a personne dessous !
A peine le nuage reposé, Guillaume entame sa descente suivi à bonne distance de Pam, j'enquille derrière Pam, Morgan est un peu plus en arrière. Tout naturellement, nous piquons un peu sur la droite pour se dégager de la coulée et retrouver de la bonne neige vierge. C'est vraiment le pied...
Dès que la pente est moins soutenue, Guillaume et Pam s'arrêtent sur un mini monticule, je m'arrête plus sur la gauche et plus haut qu'eux.
A peine arrêté je tourne la tête vers le haut, en quelques secondes tout bascule, il y a déjà un put. de nuage de neige qui vient vers nous, Guillaume gueule « faut pas rester là !!! » Avec pam ils tirent une droite dré dans la pente. Je les imite mais pars plutôt en diagonale à gauche vers un gros rocher surtout pour me désaxer de la ligne de l'avalanche. Je glisse à bonne vitesse mais je n'ai pas le temps d'arriver au rocher protecteur, je sens un souffle d'une puissance incroyable me pousser dans le dos, mon réflexe est de fléchir au max les jambes, le terrain devient très instable sous les pieds je me fait coucher sur le côté, je suis trimbalé dans un nuage violent de neige mais j'ai pas le sentiment de me faire rouler. Et une question qui revient... je tire la poignée de l'ABS ? Je tire pas ? Je tire ? Je tire pas ?
L'orage passe, je suis presque pas enseveli. Whaouh !
Et Morgan qui était derrière et au dessus de moi !? Je me relève et commence à gueuler « Morgan »
Le nuage de neige se repose doucement, je vois Guillaume et Pam, arrêtés en sécurité peut-être 200m plus bas et je me dis, pitin si on a une recherche à faire... Ils sont loin et bas !
Je repère très vite Morgan à ma hauteur mais bien dans l'axe de cette coulée, il n'est pas coffré et se relève... un peu groggy... Ouf, tout le monde est sain et sauf ! 6/7 skieurs d'apparence plutôt jeunes sont bien groupés en haut de la pente, y a pas beaucoup de doute à avoir, c'est eux qui ont déclenché cette plaque...
Le témoignage de Morgan est saisissant, il n'a rien vu venir, même témoignage que le mien, il s'est senti soulevé et poussé fortement dans le dos par le souffle d'une hélice d'avion, il estime avoir fait minimum 3 tête-pieds dans l'avalanche. Morgan n'avait pas d'ABS.
On a continuer à rider une heure à peu près. En fin de cession, devant la bière, en repensant à cet épisode les mains de Morgan se remettaient à trembler...
Il y a quelques leçons à tirer de cette expérience bien sûr... Mais j'en ai un peu marre d'être sur le clavier...